vendredi 20 février 2009

Qu'y a-t-il, OH!?

«Qu'y a-t-il, oh!? Dans la rue, oh!?

Qu'y a-t-il, oh!? Je neeeeeu peux pas dormir.»

C'est jour de Carnaval, un moment important dans notre vie sociale en Ayiti. C'est une bouffée d'air contre l'asphyxie que nous imposent les problèmes quotidiens liés au mauvais fonctionnement des institutions et services du pays.

Lorsqu'une année a été difficile on s'en donne à cœur joie pendant les trois jours gras: déhanchements, mots orduriers, vulgarité, sexe... tout y passe. Et que ça soulage! Ensuite on peut repartir d'un bon pied pour refaire face à nos problèmes: Vie chère, insécurité, blakawout, grangou, élection, CEP, etc.

Et ce n’est pas une nouveauté.

Certaines musiques datant de la bataille Ti konkonm-berejèn chantaient déjà les mérites de ces trois jours.

Croyez-moi, ce sont les seuls jours de l'année où l'on peut se défouler...correctement. Tout comme les 5 ou 6 dimanches «précarnavalesques», les jours de manifestations, les jours de kermesse dans les écoles, les jours de kermesses gratuites sur le Champs-de-Mars, les jours de match brezil-ajantin, et...certains jours où l'on rencontre un DJ monté sur char sans que personne ne puisse expliquer sa présence dans les rues. A part ça, ce sont les seuls jours où l'on puisse s'amuser.

C'est important hein, les jours gras! C'est vital.

Et pour certains, ça l'est au sens propre. Vous ne vous imaginez pas combien de personnes gagnent leur vie grâce aux festivités carnavalesques.

Sans même mentionner ces petits marchands qui nous inondent de leurs zodevan et autres aphrodisiaques, ou encore les marchands de papita, bannann et griots qui, comme les précédents, ont de toute façon, le reste de l'année pour liquider leurs degaje; sans donc mentionner ceux-là, je pense à ces musiciens qui ne composent leurs « ...» (je n'ai pas encore compris ce qu'ils composaient) qu'à cette occasion.

Ils ne profitent pas du moment pour se faire seulement remarquer. Ces artistes (de je ne sais quel art) y voient la seule occasion de l'année pour trouver un sponsor pour leurs groupes fictifs.

Et, croyez-moi ça marche.

À un tel point que leur nombre croit chaque année. On doit vraisemblablement «fleurter» avec les 600 méringues, actuellement. Chaque Ayitien semble de nos jours vouloir participer au carnaval en tant que musicien.

hmm!...Mais c'est quand même dommage que l'on ne s'arrange pas pour faire défiler tous les groupes, sur char. Ah oui, au rythme où ça avance, le problème de la sécurité du parcours serait résolu de lui-même puisqu’il ne resterait plus personne sur le pavé.

Tiens!?..., Je devrais tenter ma chance, moi aussi. Après tout, n'est pas requis un talent particulier (à part le sens du ridicule) lorsqu'il ne s'agit que de faire le madigra au carnaval.

Tilou