vendredi 1 mai 2009

Deyò a pa gen anyen

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Assister à une réunion protestante peut être très déstabilisant.

Je m’y suis aventuré une fois et j’ai été traumatisé. Ce ne fut pas une messe. Ce terme est réservé, semble-t-il au catholicisme. Ce ne fut pas non plus leur « culte du dimanche ». Non. Ils appellent ça un « Jeune ». (Je me demande encore pourquoi).

Ça avait pourtant bien commencé.

Le pasteur après avoir lu…non, plutôt vociféré quelques versets de Psaumes, invita tout le monde à louer le Seigneur. L’Assistance se mit alors debout pour danser au rythme d’une musique entraînante et bien cadencée. Un ami qui m’accompagnait faillit enlever son maillot, par habitude du champs de mars, pour imiter la danse dite d’hélicoptère. Il commença même à chanter « chemiz anlè, chemiz anlè…»

Tout avait donc bien commencé.

Mais lorsque Pass..euh! pardon!...le pasteur invita les nouveaux convertis à venir témoigner, ce fut, en tout cas pour moi, la panique.

Le premier avoua avoir volé plus d’une trentaine de téléphones portables. Tout le monde applaudit.

Le second, employé des douanes, s’accusa d’avoir détourné une somme d'argent lui ayant permis de bâtir sa maison. On applaudit plus fort. Un autre reconnut qu’il était coupable d’avoir mangé, lougaroument, près d’une douzaine de bébés. Plus c'était grave, plus on applaudissait.

Je compris alors l’assurance d’aller au paradis dont font étalage les protestants. À écouter ces témoignages-là, ceux-là qui n’offensent Dieu qu’en mentant doivent finir par se prendre pour des saints.

Dire que les protestants trouvent bizarre la confession des Catholiques! Ils font pareille pourtant. À la seule différence que toute l'assemblée est invitée au confessionnal. Oh! il y a aussi, qu'ils n'ont pas de pénitence. C'est marrant non!? On vole, on vient l'avouer sur l'estrade et on est blanchi. Parce que je n'ai entendu aucun d' entre eux dire s'il avait remis les objets volés ou réparé le tort causé. En fin de compte, c'est peut-être le seul endroit ou rien de ce que vous dites ne peut être retenu contre vous.

Lorsque mon ami se leva pour aller témoigner. J’ai eu envie de déguerpir. Je priai Dieu qu’il n’avoue pas qu’il était policier. Vous imaginez que ce serait comme dans ces films d’Hollywood, où un infiltré se démasque soudain et déclare à la bande de mafiosi qui l’entourent : «Police, je vous arrête!». Ces scènes-là finissent toujours en bain de sang.

En tout cas, je vous le dis, heureusement que nous avons les protestants! Si ceux qu’ils réussissent à recruter…euh, pardon!...convertir se retrouvaient « deyò a », en plus de ceux qui le sont déjà, ça serait peut-être l’enfer.

Tilou
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