vendredi 16 avril 2010

Os, Senseï !

Vous savez à quoi servent les cours de Karaté? Á se transformer en Japonais (ou Chinois, je ne sais plus).

Je n'étais pas trop enthousiaste lorsque mon épouse proposa de faire suivre des cours de karaté à notre fils. Mais, elle insista tellement que j'acceptai. Et après 2 séances auxquelles j'assistai, j'avoue aujourd'hui que c'est une bonne expérience.

C'est là que je compris vraiment l'utilité de tels cours. (Et puis, ça ma offert le sujet d'un billet ki pap fè m' merite baton).

D'abord, on y parle Japonais: (ou Chinois, je ne sais plus)

Les profs sont appelés Senseï. Ça signifie probablement "Prof", ou "maître" en Japonais (ou Chinois, je ne sais plus) mais ça met tout de suite dans le bain. C'est comme le "coach" en basket-ball.

On se met aussi en tenue Japonaise d'antan (ou chinoise, je ne sais plus) et on compte même en Japonais (ou chinois, je ne sais plus). Au lieu de "un, deux, trois,...", c'est plutôt "itch, nï, sahn,...".

De temps à autre l'un des senseï vocifère d'autres mots en Japonais (ou Chinois, je ne sais plus) auxquels les Karateka répondent, en vociférant également: "KÏA!!". Si c'est après la maque de voiture qu'ils en ont, ils doivent vraiment lui en vouloir, tant ils paraissent déterminés.

Évidemment, j'étais un peu mal à l'aise à transformer mon fils en une sorte de brigand qui taperait sur tout ce qui lui tomberait sous la main. Un Senseï m'a alors expliqué que le Karaté préchait avant tout la non-violence. Que les cours de karaté n'étaient que pour apprendre à se défendre. Bon, c'est vrai qu'à notre façon de nous battre en Ayiti, ça ne servira pas à grand chose. Mais avec les débarquements de ces différentes nations depuis le séisme, on ne sait jamais quand on sera attaqué par un Japonais (ou un Chinois? Peut-être que là, ça serait utile de savoir).

Le seul problème, c'est notre couleur de peau. Les profs ont beau être des Senseï, compter "itch, nï, san...", porter le kimono et faire du karaté, il sera toujours difficile de faire passer un Noir pour un Japonais (ou un Chinois, je ne sais plus).

Peut-être devraient-ils intégrer des séances de maquillage à la "medam bobistò". Ça ne sera pas parfait, mais ce sera un plus. Et surtout un sacrifice à faire pour ressembler à un Japonais (ou un Chinois, je ne sais plus); à supposer que se soit le but.

Enfin, ça ne peut être que ça, sinon la logique de toute cette façon de faire ne serait pour moi que du Chinois (ou du Japonais, mais là, c'est pareil).

Tilou