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vendredi 9 janvier 2009

Non mais...c'est bien, le Rap.

Le Rap, c'est bien hein? C'est charmant comme tout., comme rien d'autre.

C'est des jeunes garçons qui chantent...euh non! qui...dansent... euh, non plus! Enfin...c'est des jeunes qui «rappent».

Donc le Rap, c'est bien. C'est un mouvement.

Bon. je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais c'est ça: Un mouvement marginalisé et aimé de tout le peuple.

C'est pas moi qui le dis non. Ce sont les rappeurs:

«Tout jenès dèyè nou, tout pèp la renmen nou».

Et:

«yo rayi nou pou pantalon nou ki anba boud...», «Tout lòt tandans yo vle manje nou».

C'est bien, le Rap!

C'est un mouvement de frères qui s'entendent et s'entraident. Ils ne se bagarrent violemment qu'à propos des couleurs de leurs mouchoirs.

Le Rap, c'est aussi la diversité dans les sujets débattus. On parle de misère, de ghettos, de sexe, de ganja, du rap, de misère, de sexe, de ghettos, de ganja, du rap, de misère, de ghettos, de sexe, du rap, de ganja et de misère.

Et puis, il faut avoir de l'inspiration hein! Vous pensez que c'est facile de trouver le bon ancien tube à copier?

Quant au style et à la posture, ça c'est un prérequis pour être rappeur. L'idéal, c'est d'avoir un corps "médium" et de porter de XL, de froncer les sourcils, de serrer les dents et de ne danser qu'avec les avant-bras et les doigts: Hip! un coup à droite, Hop! un coup à gauche. Et continue de droite à gauche (Hip! hop!). La classe!

Impératif aussi d'avoir un pseudonyme. Il n'est pas question de se présenter rappeur, connu comme Lorimer Anthénor. (Wyclef Jean, se yon eksepsyon!) Ah. non! Si c'est ça ton véritable nom, il faudrait plutôt opter pour un pseudonyme du genre «Master L» ou «Top LA».

Le plus impressionnant dans le mouvement, c'est l'immunité que ça apporte au rappeur. Une fois reconnu rappeur, on peut se saouler, faire de l'excès de vitesse et se tuer, ça sera reconnu comme un acte héroïque pour le mouvement. Même le gouvernement fera son hommage.

Non, mais sérieusement...Le Rap, c'est bien, non?

Tilou

vendredi 16 mai 2008

Copies Conformes

Ces derniers temps, il est souvent question de droits d'auteur en Ayiti. Cela devient tellement important de les protéger qu'a été mis sur pied une institution devant y veiller: le BHDA: Bureau Haïtien des Droits d’Auteurs.

L'idée serait qu'une œuvre, surtout musicale, ne soit exploitée sans l'aval de son compositeur ou sans que les détenteurs des droits ne puissent en tirer parti.

À bien y réfléchir, c'est protéger les musiciens de certains autres musiciens (ceux que je me plais à nommer «busniciens»). Parce que les premiers bourreaux de ces busniciens sont les busniciens eux-mêmes, qui plagient sans aucune gêne ce que font d'autres. On ne compte plus les groupes musicaux s'étant mis au pas de Djakout en copiant ses solos.

Et c'est carrément la mode: Hier, Djakout copiait T-vice qui copiait Micky qui copiait Top-Vice. Aujourd'hui, T-Vice, Carimi et bien d'autres copient Djakout qui copie System Band. Ne parlons même pas des autres qui ne savent plus où donner de la tête tant les groupes qu'ils désirent copier sont nombreux. Tous, des copies conformes, les uns des autres.

Le problème est que si le BHDA décide de faire le boulot pour lequel il existe, la production musicale devrait baisser sensiblement.

Alors, on met tout sur le dos de celui qui achète une mauvaise copie (copie non conforme ?) au coin de la rue. C'est lui qui empêche les artistes de manger. Pourtant, ce malheureux ne fait-il pas qu'obéir à la loi du marché, si chère à nos économistes?

Entendons-nous: Tijòj vend, au su de tous, des copies qu'il étale en pleine rue. Il les vend à très bon marché avec la possibilité de retour en cas de mauvaise qualité sonore. Et on voudrait convaincre le citoyen que c'est à lui d'acheter plutôt les mêmes musiques d'un CD beaucoup plus cher et pour lequel, d' ailleurs, il ne pourra que difficilement faire une réclamation?!

Allons..., soyons sérieux... et reconnaissons que les copies à sanctionner sont d'abord les originales.

Tilou

vendredi 28 mars 2008

Art en bouteille

Je ne sais plus à quoi penser quand j’entends parler d’«artiste» et d’«art».

Autrefois c’était l’art qui primait, qui comptait aux yeux des critiques et des amateurs. C’était l’art qui donnait de la valeur à l’artiste.

Et l’artiste, cependant, ne se laissait pas trop influencé par l’accueil que pouvait faire le public aux oeuvres qu’il réalisait. C’était, bien souvent, sa manière de s’exprimer, de faire passer ses émotions.

Qu’il trouvât un public qui appréciât et l’acclamât ou qu’il fût ignoré de tous, la vraie satisfaction d’un artiste était de réaliser son oeuvre à son propre goût, exactement comme il l’avait souhaité, voulu!

Mais, tout cela semble être du bon vieux à temps à pleurer.

Le mot «artiste» veut, ces temps-ci, se confondre à «vedette». Parce que maintenant, peu importe l’oeuvre. L’important c’est l’aura de l’«artisan». On a, ces jours-ci, en Ayiti, une kyrielle d’artistes qui ne pratiquent aucun art.

Et de ces artisans-vedette, on en fabrique.

Ainsi, des émissions, surtout télévisées, pullulent pour mettre sur le marché ces «vedettes-nées» qu’elles forgent. Citons, entre autres, la Star Académy en France, le American Idol aux États-Unis d’Amérique et la DigicelStars en Ayiti. (à noter qu'elles font preuve d' honnêteté en parlant de star, d' idole... et non d'Art dans leurs titres.) Bien évidemment, la chanson c’est que ces émissions supportées par d’énormes productions ne font que donner la chance à des artistes en herbe n’ayant pas, tous, les moyens de développer leurs talents.

La vérité est pourtant toute autre. Le but est d’anticiper sur celle ou celui qui sera la vedette de demain pour lui faire signer dès le départ un contrat de publicité.

Et le résultat de tout ça...c’est que l’artiste, plutôt que d’exprimer quelque chose qui lui vient de l’intérieur, se plie aux caprices de son public, exactement comme le font les industriels et les commerçants... et une composition musicale, supposée être une oeuvre d’art, devient malheureusement un produit de l’industrie musicale.

Tilou