vendredi 11 janvier 2008

Mendier avec panache

D’après le dictionnaire, un cadeau est simplement un présent offert à quelqu’un.

Mais ce qui fait du geste un cadeau, c’est son caractère non contraignant. Ainsi le Père Noël (et le père tout court) n’est nullement obligé de s’en tenir à la liste soumise par l’enfant.

Le cadeau, idéalement, est d’abord une démarche de celui qui offre. Donner «2 adoken» (2 sous) à un mendiant harcelant n’est point perçu comme un cadeau; c’est charitable mais ce n’est pas un cadeau, c’est répondre à la mendicité.

Dans d’autres cas, pourtant similaires, on utilise quand même le mot cadeau.

Par exemple, la copine qui exige à ses amies le dernier bouquin de Verly Dabel pour son anniversaire leur réclame un cadeau. (Sa se mandye en franse!)

Et le couple de fiancés qui dresse une liste d’articles que les invités au mariage devront leur offrir dépose une liste de cadeaux. (mandye en tulututu!).

Ce dernier exemple est quand même un peu intriguant. Comment est-ce acceptable que l’on se marie en louchant sur la poche des autres?

Les défenseurs de cette démarche la trouvent pourtant pratique. Oh oui! Ca permet d’éviter de se retrouver avec 2 malaxeurs. Comme si le geste n’avait de valeur que celle du présent offert.

Voilà comment ça se passe: Les fiancés dressent la liste qu’ils remettent à un magasin où il faut se rendre pour choisir un cadeau. Une fois sélectionné et acheté, l’article est rayé de ladite liste. Et l’invité suivant devra faire son choix parmi ce qui reste.

Vous devinez donc que tous ceux qui se laissent prendre à ce jeu se précipitent au magasin pour acheter en premier et éviter d’avoir à payer l’article le plus cher. Et le retardataire qui trouvera la liste complètement rayée sera sur qu’il ne pourra offrir qu’un cadeau inutile.

Cette histoire de liste de cadeaux est tellement bien ancrée dans nos moeurs, que maintenant, l’adresse du magasin est envoyé en même temps que l’invitation au mariage. (Sak rete pou yo fè antre peye nan maryaj la pa anyen). Il y en a d’ailleurs qui reçoivent dans un restaurant ou chaque invité paie son plat.

Et d’autres qui vous proposent que votre fillette joue les demoiselles d’honneur en vous faisant payer pour une robe qui ne servira probablement plus.

Le seul côté positif de cette affaire est que les mariés pourront économiser. Et beaucoup plus que vous ne le pensez hein!. Il suffira de déposer une liste pour chaque grande occasion (mariage, naissance, baptême, etc) et de commémorer ces occasions le plus souvent que possible afin de renouveler les articles qui auront été abîmés.

Hey!, Mais du coup... les mendiants ne se rencontrent pas seulement sur les trottoirs! :)

Tilou