vendredi 16 mai 2008

Copies Conformes

Ces derniers temps, il est souvent question de droits d'auteur en Ayiti. Cela devient tellement important de les protéger qu'a été mis sur pied une institution devant y veiller: le BHDA: Bureau Haïtien des Droits d’Auteurs.

L'idée serait qu'une œuvre, surtout musicale, ne soit exploitée sans l'aval de son compositeur ou sans que les détenteurs des droits ne puissent en tirer parti.

À bien y réfléchir, c'est protéger les musiciens de certains autres musiciens (ceux que je me plais à nommer «busniciens»). Parce que les premiers bourreaux de ces busniciens sont les busniciens eux-mêmes, qui plagient sans aucune gêne ce que font d'autres. On ne compte plus les groupes musicaux s'étant mis au pas de Djakout en copiant ses solos.

Et c'est carrément la mode: Hier, Djakout copiait T-vice qui copiait Micky qui copiait Top-Vice. Aujourd'hui, T-Vice, Carimi et bien d'autres copient Djakout qui copie System Band. Ne parlons même pas des autres qui ne savent plus où donner de la tête tant les groupes qu'ils désirent copier sont nombreux. Tous, des copies conformes, les uns des autres.

Le problème est que si le BHDA décide de faire le boulot pour lequel il existe, la production musicale devrait baisser sensiblement.

Alors, on met tout sur le dos de celui qui achète une mauvaise copie (copie non conforme ?) au coin de la rue. C'est lui qui empêche les artistes de manger. Pourtant, ce malheureux ne fait-il pas qu'obéir à la loi du marché, si chère à nos économistes?

Entendons-nous: Tijòj vend, au su de tous, des copies qu'il étale en pleine rue. Il les vend à très bon marché avec la possibilité de retour en cas de mauvaise qualité sonore. Et on voudrait convaincre le citoyen que c'est à lui d'acheter plutôt les mêmes musiques d'un CD beaucoup plus cher et pour lequel, d' ailleurs, il ne pourra que difficilement faire une réclamation?!

Allons..., soyons sérieux... et reconnaissons que les copies à sanctionner sont d'abord les originales.

Tilou