vendredi 23 mai 2008

La Mer des Fêtes

L’année comporte plusieurs fêtes donnant l’occasion de rendre hommage à ceux que nous chérissons: la fête des Aïeux, celle des Héros, celle des Morts, la fête des Pères, depuis peu; celle des Enfants et, surtout, la Fête des Mères qui selon moi a toujours été la plus gaie.

La fête des Mères n’est, pourtant, plus ce qu’elle était il y a quelques années. En Ayiti, en tout cas, elle semble perdre de son intensité et les Flèdèmè* ne se portent presque plus. Aussi, la Fête des Pères semble la rattraper à grands pas.

Le cliché Père-irresponsable-et-bourrue contre mère-tendre-et-débrouillarde s’estompant peu à peu, le regard et l’amour des enfants pour les deux parents s’équilibre.

De plus en plus de pères savent aujourd'hui changer la couche du bébé ou lui préparer son biberon. Et au retour ils sont bénéficiaires, au même titre que les mères, de la tendresse de leurs enfants.

Il y a aussi que les mamans «modernes» semblent perdre de l’instinct de leurs prédécesseurs. Parce qu’en ces temps, c’est la bonne** qui nourrit, lave et met au lit le petit. La maman, elle, doit se rendre au bureau. Et comme les bons vieux papas d’antan, elle est trop fatiguée, au retour, pour faire plus qu’un baiser sur le front et dire «bonne nuit».

Cet équilibre ne pourrait-il pas nous amener, et ce ne serait mauvais que pour les magasins, à ne fêter les parents qu’un seul jour? Tiens!? Ce ne serait pas mal: la fête des «Parents». Et on pourrait même faire mieux...avec une seule grande «fête de la Famille» qui remplacerait en les réunissant celle des Mères, celle des Pères et celle des Enfants.

Cela renforcerait peut-être l’unité familiale, éviterait la polémique entre père et mère et surtout nous protègerait de la noyade dans la mer des fêtes.

Tilou

*Fleur des Mères: petite broche que l'on accroche au niveau de la poitrine et dont la couleur varie suivant que sa mère est encore vivante ou non. ** Servante

PS. En attendant que mon rêve soit réalisable, je souhaite une joyeuse fête des Mères à toutes les mamans qui me lisent: Mes amies, mes tantes, mes cousines, mes belles-sœurs, ma belle-mère, mon épouse et ma mère chérie.