vendredi 27 juin 2008

Conjointement seuls.

Le modèle de société occidentale a un côté qui me semble particulièrement bizarre.

Avec la nouvelle conception de la ville, où la densité de la population devient de plus en plus importante, on devrait se sentir de moins en moins seul, non? Surtout que les bals, festivals, dîners, spectacles, réceptions, etc. s'organisent continuellement.

Pourtant, c'est tout à fait le contraire que je crois discerner:

Dans les rues, une foule de gens seuls, déambulant dans tous les sens. Chacun cherchant sa route, avec sa vie, ses soucis et ses pensées particuliers.

Au bureau, pas mieux. Chacun à son poste, s'attellent à boucler son dossier. (bon, se vre ke Ayiti poko fin rive nan stad sa a).

À l'église? Encore pire. Chacun faisant face au célébrant, le regardant sans vraiment le voir. L'écoutant sans vraiment l'entendre. Quant aux «baisers de paix», on n'y retrouve plus de baisers. Plus rien à part une nonchalante rencontre des paumes ou des doigts.

Le carnaval, qui pourtant se veut être une grande communion de toutes les classes sociales, n'y échappe pas non plus. Nous y allons, dansons, chantons et gueulons avec un océan d'inconnus pour en revenir sans avoir fait la rencontre d'aucun d'entre eux.

Nos rassemblements deviennent des assemblages, juxtapositions d'individus; et tous, ensemble, nous restons dans la commune solitude.

Tilou