vendredi 7 mai 2010

Make pou kaporal

Il n’y a pas longtemps, un groupe musical avait sortit une composition pour dénoncer notre intolérance en matière de concurrence en Ayiti. Et, comme d’habitude, il avait pris, comme exemple à suivre, des entreprises américaines qui, toujours d’après lui, évoluaient côte à côte.

Et tout le monde de commenter que c’était un bon texte, une bonne musique.

Bon, la musique, je ne sais pas. Mais le texte…je ne suis pas d’accord ! (Kouman « Se sa [ou ] konnen an » ?)

Je ne suis pas certain qu’il y ait d’autre endroit aussi propice que notre bon pays pour la cohabitation d’entreprises concurrentes.

Même que si concurrence déloyale il y a, ce n'est qu'envers le consommateur.

Beaucoup de gens ayant un abonnement d’eau courante (ki genlè tèlman couri vit ke nou pa janm wè li) avec la compagnie nationale, se font quand même livrer de l’eau par des camions citernes et s’en achètent à boire au supermarché.

Bien plus de gens paient la compagnie électrique nationale, mais se résignent quand même, quant ils ont les moyens, à se procurer « Inverter », batteries, génératrices et panneaux solaires pour jouir d’un peu de lumière.

Je pourrais encore prendre d’autres exemples, comme la police d’assurance véhicule de l’état, obligatoire même quand on souscrit à une autre qui ne sert pas à rien.

Mais ça serait trop long et me laisserait moins de place pour parler des compagnies de sévices téléphoniques.

Ah ! Là, c’est exceptionnel en matière de cohabitation concurrentielle. Presque chaque Ayitien a 2 téléphones, un de chacun des 2 plus grandes compagnies. Beaucoup en ont trois. Et certains, en comptant celui de leurs domiciles, en ont même quatre.

Bon, la communication n’est pas plus aisée pour cela, mais au moins, les cartes d’affaires sont bien remplies.

Et puis, ce n’est pas tout. Ils atteignent la perfection avec leurs revendeurs de minutes. Scrutez bien les rues, vous constaterez que la plupart de ces « ti machann telefòn » s’arrangent pour arborer tous les logos. Si le maillot est rouge, l’ombrelle verte. Sinon, la table…et vice-versa.

Du grand art je dis !

Et ce n’est même plus de la concurrence, c’est un match de foot où les 22 joueurs tentent de marquer tous contre le même gardien de but.

Tilou