jeudi 6 septembre 2012

Joyeux Carnaval


Ma passion pour les meringues  carnavalesques m’a souvent attiré quelques moqueries.  Des amis qui ne concevaient pas que l’on puisse en  écouter et en chanter à longueur d’année s’amusaient à dire que si je passais mon temps consacré aux compositions carnavalesques à d’autres études, je serais un génie.

J’avoue que cela m’a quelques fois titillé aussi. Je pensais que si j’avais pris le temps d’ouvrir tous les livres de langues à apprendre en 90 jours, j’aurais été un érudit polyglotte et, peut-être, même considéré comme un maître traducteur.

Bon, cela n’a certes pas été le cas, mais je ne regrette rien. Parce qu’aujourd’hui, grâce à ma passion du carnaval, je suis le seul à comprendre notre politique. Oui ! Sérieux ! Toutes les démarches, toute la logique peuvent être trouvées et comprises dans certaines méringues.

D’abord, 1989 nous renseigne sur un aspect du pays qui charme beaucoup d’hommes de la politique. La meringue « woule m de bò » d’un groupe de Pétion-Ville avait comme premier refrain : « Gad’On peyi Woy !!! Woy !!! Gad’on Peyi ! M’fè sa m’pito ! »

Ensuite, En 1994, il est clair que notre président sait comment se conduire en chef et donner des ultimatums. C’est cette année qu’il se proclame Prezidan Konpa, et déjà il accorde un délai « expirant au dimanche gras à tous ceux qui avaient déserté » son camp des grenadiers.

Je me rappelle que lors de la campagne, certaines mauvaises langues mal informées et voulant vraisemblablement le dénigrer le traitèrent de fou.  Elles étaient mal informées, en effet puisque lui-même avait avoué en 1996 : « M’anraje E E E E !!! »

Bon, c’est à partir de cette année que j’ai arrêté de suivre ses œuvres. Donc, je ne saurais trop dire ce qui reste à venir. Je sais que son dernier album parlait de « Bandi Legal », mais bon…

Attendons-nous à plusieurs autres jours de carnaval. Il s’était plaint une fois que «3 jou gra selman nou genyen pou nou banboche »et avait suggéré « kite tanbou a woule pou nou bliye lapenn nou ».

Vous savez, on pourra tout reprocher à notre président, mais on ne pourra jamais l’accuser de ne pas tenir parole. La seule fois où je l’ai entendu dire quelque chose que je peux jusqu’à présent soutenir, c’est lorsqu’il annonçait que l’artiste d’un côté et l’homme de l’autre. Bon, l’artiste tout le monde le connaît. L’homme, on attend toujours qu’il nous soit présenté.

En tout cas, je conseillerais à tout le monde de se mettre aux études des meringues. D’abord parce que ça permet de mieux comprendre la politique d’aujourd’hui, ensuite parce qu’au train où ça va, on n’est jamais à l’abri d’un jour gras imprévu. Joyeux carnaval à tous.

Et puis…  « S’ak pa kontan, anbake ! »

Tilou