vendredi 8 mai 2009

Toc, à l'affiche!

Les événements sportifs se développent d’une façon assez curieuse.

Normalement, un match de foot ou de basket, est un spectacle. Donc, ceux qui viennent y assister paient leur place pour admirer une représentation. Exactement comme pour une pièce de théâtre. La seule différence est que, pour le sport, le jeu des acteurs est improvisé.

Et si une pièce de théâtre ou un cirque attire beaucoup de monde, c’est que le spectacle offert est jugé bon. Parce que si ce n’est pas le cas, l’événement n’intéressera pas grand monde.

Les événements sportifs ne semblent plus faire partie de cette catégorie. À écouter un chroniqueur, l’autre jour, j’ai eu l’impression que se rendre au stade pour suivre un match de foot relevait plus d’un geste de charité que de l’envie de voir le spectacle. Il exhortait ses auditeurs à ne pas abandonner le championnat national de football. Vous trouvez ça normal, vous ?

Imaginez-vous abordé en pleine rue par le propriétaire du bar d’en face qui vous supplie de venir acheter une de ses piquettes rien que pour lui éviter la faillite. Vous auriez sans doute raison de lui expliquer que c’est la mauvaise qualité des boissons qu’il propose qui cause sa faillite ; et non votre désintéressement au vin.

C’est exactement ce qu’il faudrait répondre à ceux qui se plaignent du désintéressement du public à nos matchs de foot.

Mais pour notre Sport-Roi, ça va plus loin encore. Payer pour un spectacle médiocre ne semblent manifestement pas assez. « Ayisyen pa konn sipote ekip, se lè ekip la ap mennen sèlman, oubyen lè li ap jwe byen ke li bat bravo ! » Là, sérieusement, je ne comprends pas. N’est pas normal d’applaudir ce qui est bien et de bouder le mauvais ? C’est le monde à l’envers.

Évidemment, je comprends qu’il puisse être bénéfique d’enhardir les joueurs lors d’une rencontre, comme cela se fait avec les applaudissements de débuts de représentation théâtrale, mais on ne saurait passer tout le match à « ponpe, chante, danse » alors que rien de ce qui est offert n’est plaisant.

Et puis, on en revient aussi trempé de sueur que les joueurs sur le terrain. Et beaucoup plus que ceux restés sur le banc de touche. Tiens ! Pourquoi ils n’encouragent pas leurs coéquipier, ceux-là ? Et je n’entends personne leur reprocher de rester de glace lorsque l’équipe perd hein !

Dans toute cette histoire, c’est le spectateur qui se fait arnaquer : Il se rend au stade, doit bosser encore plus dur que certains joueurs de l’équipe et il doit payer pour ça.

Tilou